Paroisse Saint Yves de La Courneuve (93)
 
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CONFIRMATION - LE 23 DECEMBRE 2007

Quelle fut grande notre joie, en ce 4ème dimanche d’Avent, d’avoir parmi nous, Monseigneur Olivier de Berranger, évêque de Saint Denis, venu célébrer l’eucharistie et le sacrement de la confirmation de 15 jeunes lycéens de l’aumônerie.

Dans son homélie, Monseigneur de Berranger a souligné que notre église, très cosmopolite, a bien sa place au carrefour des quatre routes.

Nos jeunes confirmands, de pays d’origine différente, étaient représentatifs de l’unité par Jésus, Prince de la Paix pour nous tous ; de plus, Jésus, le Verbe fait chair, est notre Sauveur, faisant naître chacun de nous à la vie divine. Il est la Lumière dans nos ténèbres, comme le soulignaient les paroles du refrain du rite pénitentiel de Taizé : « Jésus, le Christ, lumière intérieure, ne laisse pas mes ténèbres me parler ».

La célébration festive et chaleureuse s’est déroulée dans l’église, spécialement décorée et illuminée pour célébrer la Nativité dans un décor étincelant, reflétant l’avènement tant attendu de Jésus « l’Emmanuel » Dieu avec nous.

A l’appel de leur prénom, chaque jeune en se levant répondait au Seigneur « Me voici », faisant écho au « oui »de Marie et à celui de Joseph, après la révélation de l’ange du Seigneur : «Joseph, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l’Enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ».
Joseph est bien, pour chacun de nous, le modèle de l’acceptation dans la foi et la confiance de la volonté de Dieu.

Lors des deux signes spécifiques à la confirmation : l’imposition des mains, puis la chrismation, donnée à chacun des confirmands par notre Evêque - signe de la présence même du Christ parmi nous- un profond silence aidait au recueillement priant.

Par les chants à l’Esprit Saint, les confirmés étaient plongés dans le feu de leur nouvelle Pentecôte pour la vie.

Lors de la prise des photos, en fin de célébration, les familles ont été touchées par la présence de Monseigneur Olivier de Berranger, attentif à chacun.

Vierge Marie, Mère de Jésus, nous te prions de veiller sur nos jeunes ; pour qu’ils témoignent de la force de l’Esprit Saint, dans leurs engagements de chrétiens adultes dans leur foi par leur vie.

Remercîment de l'évêque.

De tout coeur merci pour ces belles photos de la Confirmation. Je garde le bon souvenir de cette eucharistie dominicale à la veille de Noël et continue de prier pour ces jeunes et pour toute la Paroisse de St Yves ! + Olivier de Berranger, l’évêque de St Denis 

 

Ci-joint, la galerie des photos de la confirmation : Cliquez ici

 

 

LE SACREMENT DE CONFIRMATION

1. Qu’est la confirmation ?

On ne voit pas toujours très bien ce que représente la confirmation. La profession de foi paraît plus claire. Pour être motivé à la recevoir, il faut réfléchir à ce qu'elle nous apporte.

Le sacrement de confirmation nous donne les dons de  l’Esprit Saint pour nous fortifier dans la foi et nous faire vivre pleinement la vie chrétienne unie au Christ. 

D'autre part, la confirmation, qui est donnée par l'évêque  nous incorpore pleinement à l'Église; elle est un appel  à un engagement plus personnel et à une mission de témoignage de la foi.

La Confirmation, comme le Baptême, imprime dans l’âme du chrétien une marque spirituelle indélébile qu'on appelle le "caractère"; c’est pourquoi on ne peut recevoir ce sacrement qu’une seule fois dans la vie.

2. La confirmation : une nouvelle Pentecôte

La confirmation est une nouvelle Pentecôte : un don de l'Esprit en vue du témoignage de la foi. L'Esprit accomplit dans les confirmands ce qu'il a réalisé dans les apôtres le jour de la Pentecôte. Le récit de la Pentecôte ( Actes des apôtres 2,1-11) est, le plus souvent, la lecture qui est faite au cours de la messe de confirmation.

Ac 2:1- Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se trouvaient tous ensemble dans un même lieu,
Ac 2:2- quand, tout à coup, vint du ciel un bruit tel que celui d'un violent coup de vent, qui remplit toute la maison où ils se tenaient.
Ac 2:3- Ils virent apparaître des langues qu'on eût dites de feu ; elles se partageaient, et il s'en posa une sur chacun d'eux.
Ac 2:4- Tous furent alors remplis de l'Esprit Saint et commencèrent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer.
Ac 2:5- Or il y avait, demeurant à Jérusalem, des hommes dévots de toutes les nations qui sont sous le ciel.
Ac 2:6- Au bruit qui se produisit, la multitude se rassembla et fut confondue : chacun les entendait parler en son propre idiome.
Ac 2:7- Ils étaient stupéfaits, et, tout étonnés, ils disaient : " Ces hommes qui parlent, ne sont-ils pas tous Galiléens ?
Ac 2:8- Comment se fait-il alors que chacun de nous les entend dans son propre idiome maternel ?
Ac 2:9- Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de Mésopotamie, de Judée et de Cappadoce, du Pont et d'Asie,
Ac 2:10- de Phrygie et de Pamphylie, d'Égypte et de cette partie de la Libye qui est proche de Cyrène, Romains en résidence,
Ac 2:11- tant Juifs que prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons publier dans notre langue les merveilles de Dieu ! "

3. Les "Don de l'Esprit"

Pendant l'imposition des mains, l'évêque demande à Dieu de donner en plénitude l'Esprit qui reposait sur son fils Jésus : l'esprit de sagesse et d'intelligence, l'esprit de conseil et de force, l'esprit de connaissance et d'affection filiale et l'esprit d'adoration.

Cette demande est inspirée par un texte du prophète Isaïe (11,2-3) qui décrit les dons que le messie recevra de Dieu. La tradition chrétienne a beaucoup insisté sur sept dons de l'Esprit.

Mais cette liste n'est pas limitative. Les béatitudes sont aussi des dons de l'Esprit. 

4. La confirmation : une mission de témoignage

De même que les apôtres, remplis de l'Esprit saint à la Pentecôte, se sont mis à annoncer la Bonne nouvelle, de même les dons de l'Esprit à la confirmation appellent au témoignage et donnent l'aptitude au témoignage. Le confirmé témoigne pour bâtir l'Église, il rend témoignage au Christ pour l'édification de son Corps. Le confirmé est appelé à prendre une part active à la vie de l'Église.

5. Qu'est ce que la confirmation apporte de plus que le baptême?

Nous recevons l'Esprit saint à la fois au baptême et à la confirmation.

Au baptême, qui est le sacrement de la naissance à la vie chrétienne, l'Esprit nous rend enfant de Dieu.

A la confirmation, qui est le sacrement de la croissance et de la maturité spirituelle (comme l'enseigne St Thomas d'Aquin), l'Esprit nous confère une mission. Ainsi, la confirmation est l'achèvement du baptême.

6. Quelle est la différénce entre la profession de foi et la confirmation ?

La profession de foi et la confirmation ont toutes les deux un lien étroit avec le baptême, mais la relation est différente. La profession de foi  consiste principalement dans le renouvellement personnel et libre  des promesses du baptême, c'est un engagement humain. Elle confirme la profession de foi du baptême qui a été faite par les parents pour un baptême de bébé.

La confirmation est un sacrement  et, comme tout sacrement, c'est d'abord une action de Dieu. Dieu, par l'évêque,  confirme la grâce du sacrement de baptême. Ce serait une erreur de voir principalement dans la confirmation un engagement qui "confirmerait" personnellement la foi professée par ses parents lors du baptême. 

7. Est-il nécessaire d'être confirmé ?

Ce sacrement est nécessaire pour vivre une vie chrétienne authentique, car la force de l'Esprit est indispensable pour vivre en vrai témoin du Christ. C'est un manque important de ne pas avoir reçu tous les dons de l'Esprit. 

De plus, il y a des cas où la confirmation est obligatoire comme pour la mission de parrain ou marraine de baptême et de confirmation (canon 874). Le code de droit canonique demande aussi que l’on n’admette pas au mariage des fiancés non confirmés sauf « s'il existe un grave inconvénient » (canon 1065). De fait, certaines paroisses exigent la confirmation pour le mariage. Cependant en France, où la confirmation est conférée à l'adolescence, beaucoup de jeunes ne sont pas confirmés et il y aurait un grave inconvénient à exiger la confirmation. Certains diocèses demandent que ceux qui ont une responsabilité importante dans l'Église soient confirmés.

Pour les mariages qui ont lieu dans des pays comme l'Espagne ou l'Italie, la confirmation est habituellement exigée.

HISTOIRE DE LA CONFIRMATION

1. Dans l'Église primitive : imposition des mains et onction 

La confirmation trouve son origine dans le Livre des Actes des Apôtres (8,15-17 et 19,1-7). Elle se recevait immédiatement après le baptême et ne constituait pas un sacrement particulier ; elle était une partie de l’initiation chrétienne, un complément du baptême par l'imposition des mains. Lorsque le baptême n'était pas donné par un apôtre, il était complété par l'imposition des mains faite par un apôtre. Cette imposition des mains donnait l'Esprit saint.

Telle que Tertullien (fin 2eme siecle) la décrit dans son De baptismo, la célébration du baptême à Carthage comporte deux rites baptismaux (bénédiction de l’eau et bain baptismal, avec triple confession de foi et triple immersion) et deux rites post-baptismaux (onction d’huile et imposition des mains pour le don de l’Esprit Saint).

2. Dans l'Église d'orient: la "chrismation", donnée par le prêtre,  suit le baptême

 Il en est  ainsi dans l’Église d’Orient où tout baptisé est immédiatement confirmé et reçoit l’eucharistie. Lorsque le nouveau baptisé est essuyé, le prêtre lui met sa robe de baptême. Il lui fait une onction de saint chrême sur le front, les yeux, les narines, la bouche, les oreilles, la poitrine, les mains et les pieds en disant "Reçois la marque du don de l'Esprit Saint". Avec le baptisé le prêtre fait trois fois le tour du baptistère. 

Le 4ème siècle marque alors un tournant dans l’histoire des rites d’initiation. En Orient, les rites post-baptismaux (l'onction de saint chrême) sont de plus en plus valorisés. Ce sacrement est appelé «Chrismation», onction avec le «chrême». 

Ainsi, la pratique des Églises d'Orient souligne l'unité de l'initiation chrétienne. Elle ne dissocie pas du baptême les rites post-baptismaux. En Orient, les deux sacrements étant unis, la «Chrismation» est conférée par le prêtre qui baptise, et qui fait l'onction avec le chrême (myron) consacré par l'évêque (cf. CEC, n. 1312).

La pratique de l'Église latine exprime plus nettement la communion du nouveau chrétien avec son évêque, garant et serviteur de l'unité de son Église, de sa catholicité et de son apostolicité, et par là, le lien avec les origines apostoliques de l'Église du Christ» (CEC, n. 1292). 

3. En occident : la "confirmation", séparée du baptême,  est donnée par l'évêque

En Occident, la confirmation va se séparer peu à peu du baptême.
Le premier témoignage signalant que l’évêque va imposer les mains à ceux qui ont été baptisés antérieurement date de 380 ; mais déjà le Concile d’Elvire (Espagne, vers 300) reconnaissait la nécessité d’une "perfection du baptême" par l’évêque si le baptême a été conféré par un diacre,  

L'extension de l’Église dans les campagnes venant empêcher l’évêque de célébrer lui-même tous les baptêmes, la confirmation est donc reportée chaque fois qu’une célébration de baptême est présidée par un prêtre, jusqu’au passage d’un évêque. 

Fauste de Riez (405-485) donne une interprétation théologique de cette confirmatio par rapport au baptisma : au baptême, explique-t-il, nous sommes régénérés pour vivre, après le baptême nous sommes confirmés pour la lutte. C'est en Gaule, au Ve siècle, qu'apparaît le terme de "Confirmation" pour le don de l'Esprit célébré dans la foulée du baptême. Ce terme a été adopté par l'ensemble des langues d'Europe, sauf l'italien (cresima) et le portugais (crisma).

  En Occident, ce terme exprime la confirmation du Baptême en tant que renforcement de la grâce à travers le sceau de l'Esprit Saint. 

 Dans le rite latin, le ministre ordinaire de la Confirmation est l'évêque, qui, pour des motifs sérieux, peut en concéder la faculté à des prêtres, c'est-à-dire à des délégués (cf. CEC, n. 1313).

4. La confirmation a partir du seizième siècle

A partir du seizième siècle, le catéchisme est organisé et va rythmer la vie sacramentelle. Le sacrement de confirmation marquera l’entrée au catéchisme et l’eucharistie marquera la fin du catéchisme. En France, la situation du sacrement de confirmation va se compliquer par l’introduction, au dix-septième siècle, de la communion solennelle. 

En 1910, dans le décret "Quam singulari", le pape saint Pie X demanda qu’on admette à l’eucharistie les enfants beaucoup plus jeunes dès « l'âge de raison » vers 7 ans. Il en résulte que la confirmation n'est donnée qu'après la première communion.

5. La confirmation après le concile Vatican II  

Dans le cadre de la réforme liturgique de Vatican II, l’ordre des trois sacrements est toujours : baptême, confirmation, Eucharistie. L’Eucharistie achève l’initiation (n° 213), elle en est le sommet (n° 235). Quant à la confirmation, elle doit avoir lieu aussitôt après le baptême sauf, dit le Rituel, si une grave raison s’y oppose (n° 211).

Le renouveau du catéchuménat va faire redécouvrir ce sacrement qui retrouve sa place comme complément du baptême. Même si l’on fait le choix  de séparer la célébration de la confirmation de celle du baptême pour donner toute sa valeur au néophytat, la confirmation doit toujours être clairement proposée à tout candidat au baptême. Peu à peu, le sacrement de la confirmation retrouve sa place et son sens. 

Cependant, en France, le sacrement de confirmation est donné longtemps après l'eucharistie, car il devient peu à peu le sacrement de la militance. Il n’est plus proposé qu’aux chrétiens engagés dans une aumônerie ou dans des mouvements. La confirmation est souvent présentée ou vécue par les jeunes comme sacrement d’engagement effectif dans la communauté ecclésiale pour marquer une meilleure participation à la vie de la communauté.

 



 
 
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