Saint Yves en BD
A l'occasion du septième centenaire de la mort de Saint-Yves, les éditions Yves de Borée* proposent une nouvelle version de la vie du saint en bande dessinée. Le dessin vif et coloré de Luc Tesson et le texte épuré mais précis de Frédéric Fagot et Lucie Coste, plongent le lecteur dans l'existence de cet homme du Moyen Age, dont l'influence perdure depuis des siècles. Cet ouvrage est préfacé par la cardinal Poupard, Président du Conseil pontifical de la Culture.
Le Saint Père n'a pas manqué, dans le discours qu'il a adressé aux pèlerins de ce septième centenaire, de désirer que l'exemple du saint encourage les hommes d'aujourd'hui: « Les valeurs proposées par saint Yves demeurent un puissant stimulant pour notre temps, notamment dans l'Europe qui se construit. Serviteur de la justice, saint Yves invite les hommes de bonne volonté à bâtir un monde de paix, fondé sur le respect du droit et sur le service de la vérité. Défenseur des pauvres, cet avocat encourage les personnes et les peuples à mettre en œuvre la solidarité et l’équité, qui garantissent les droits des plus faibles dont sera pleinement reconnue la dignité inaliénable. Prêtre, prédicateur infatigable de la Parole de Dieu, il appelle aujourd’hui l’Église à proposer à tous l’Évangile, source de relations nouvelles entre les hommes.
Puissent l’exemple et la vie de saint Yves inviter les chrétiens à contribuer activement à la construction de l’Europe, communauté de destin dans laquelle tous sont appelés à travailler pour qu’amour et vérité se rencontrent, et que justice et paix s’embrassent »
En effet, nous pouvons vous donner ici un bref aperçu des quelques années que passa en ce bas monde, Yves Hélory, "patron secondaire de la Bretagne, (mais aussi) modèle de la jeunesse étudiante, patron des avocats, des magistrats et des juristes du monde entier, et l'image parfaite du recteur breton, le saint prêtre de Dieu", comme le décrit le Cardinal Paul Poupard, dans la préface de cette édition.
Il y a 700 ans, le 19 mai 1303, Yves Hélory rendait son âme à Dieu, en son manoir de Kermartin, au Minihy, près de Tréguier. Autour du tombeau s'organisa spontanément un pèlerinage. Le peuple proclamait la sainteté de Dom Yves. Aussi, 27 ans après sa mort, à la demande du Duc de Bretagne, le Pape envoya à Tréguier une commission d'enquête formée de deux évêques et d'un Père abbé. Cette commission entendit 243 témoins. Ces témoignages furent recueillis dans un document "Le procès de béatification de St-Yves".
Finalement, le 19 mai 1347, en Avignon, le pape Clément VI proclamait saint, Yves Hélory de Kermartin.
On ne connaît pas la date exacte de la naissance d'Yves Hélory. A son procès de canonisation, plusieurs témoins disent qu'à sa mort, le 19 mai 1303, il était âgé d'environ cinquante ans. Son père, Hélory de Kermartin, était un petit seigneur breton. Sa mère Azo du Quinquis, avait une foi profonde. Un jour, un témoin l'a entendu dire que son fils, Yves, deviendrait un saint. Cela lui avait été révélé en songe. Yves, par toute sa vie, fera de ce rêve sa règle de conduite.
Yves étudie ensuite la théologie et le droit à l'Université de Paris. Puis il se rend à Orléans pour étudier le droit civil. Ses compagnons d'études le disent pieux, studieux et charitable.
Études faites, Yves se voit confier à Rennes, la charge d'official. L'official est un personnage important. Il juge les procès qui concernent les clercs, les veuves, les orphelins, et toutes les questions liées aux affaires familiales et aux héritages. Dans l'exercice de sa fonction, à Rennes, Yves se fait la réputation d'être "un grand réconciliateur, le restaurateur de la paix". C'est à Rennes également, au couvent des Cordeliers, qu'il découvrit et étudia la Bible dont il fit son livre de chevet. Vers 1283, l'évêque de Tréguier, Alain de Bruc, demande à Yves Hélory de revenir dans sa ville natale pour y remplir la fonction d'official. Il fut un "juge qui étonne".
Pour lui, un bon procès était celui qui n'avait pas lieu, parce qu'il avait réussi à réconcilier les plaignants. Constatant que, dans le procès, les petites gens sans argent devaient se défendre seuls. Yves se fit souvent leur avocat. Il leur disait : "Jurez-moi que votre cause est juste et je vous défendrai gratis." Dans le pays, on le surnomme "l'avocat des pauvres".
Les gens du pays avaient surnommé Dom Yves :"Le saint prêtre de Dieu". Cet homme, dont la bonté était devenue légendaire, savait à l'occasion défendre avec fermeté ce qui était atteinte aux libertés de l'Église ou de la Bretagne.
En 1296, le roi de France, Philippe Le Bel, envoie à Tréguier des percepteurs chargés de prélever un impôt exceptionnel, y compris sur les biens d'Église. Yves soutient que ce prélèvement est illicite. Les sergents du roi s'étant emparé à l'évêché d'un cheval d'une grande valeur, Yves leur barre la route, tandis que les pauvres et les boiteux accourent à son aide. L'affaire fit grand bruit et la troupe royale quitta la ville.
Il rend le dernier soupir le 19 mai, aux premières clartés du jour. C'était le dimanche après l'Ascension du Seigneur, le 19 mai 1303.
Le 19 mai 1347, en Avignon, le pape Clément VI proclamait saint, Yves Hélory de Kermartin. Tous les ans, le troisième dimanche du mois de mai, les pèlerins se retrouvent à Tréguier, par milliers, pour marcher derrière la bannière et les reliques de saint Yves. C'est le Pardon de Tréguier, qui rassemble hommes de loi et hommes d'Eglise, mais aussi étrangers venus de nombreux pays d'Europe et même du Canada.